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COMMUNIQUÉ ONES: Que voulez-vous chers femmes et hommes politiques ?

Depuis plusieurs semaines les surenchères vont bon train. A qui sera le plus courageux pour  taper le plus fort sur la fonction publique territoriale laquelle serait devenue la cause essentielle sinon vitale des dépenses sociales de l’État.
Pour réduire le déficit de la France et relancer sa croissance il faudrait selon certains  conditionner les dotations de l’État à la suppression de postes de titulaires, de postes de contractuels et au non renouvellement des départs en retraite. Ces fonctionnaires là et assimilés seraient devenus obsolètes, inutiles, pire trop coûteux.  Ça suffit. Nous en avons assez entendu.

Mesdames et messieurs, faut-il vous rappeler les compétences  des départements  depuis les lois de décentralisation, qui ont été votées, auxquelles vous avez sûrement participé à l’élaboration et qui réforment l’organisation territoriale de la République?  Culture, jeunesse, sports, loisirs, enseignement, sécurité, prévention médico-sociale, action sociale, RSA, Aide personnalisée à l’autonomie, réseaux et infrastructures, aménagement et environnement, transports sont assurés entre autres par les départements, non sans mal.

Faut-il vous rappeler que si le nombre d’emplois dans la fonction publique territoriale et notamment pour les départements s’est accru, c’est que les besoins eux aussi détonent. Plus d’inégalités, plus de chômage, plus de personnes au RSA, plus de personnes retraitées qui vivent sous le seuil de pauvreté, plus de précarité pour les familles monoparentales, plus de pauvres, plus de sans-abris, plus de personnes vulnérables, avec pour impact plus d’enfants en souffrance et confiés aux services de l’ASE…

Mais toujours plus de difficultés pour les plus démunis d’avoir accès à la culture, à l’éducation, aux loisirs, aux soins… Toujours plus de misère.
Alors que voulez-vous faire ? Mettre ou remettre tout ce monde à la rue? Utiliser des précaires pour s’occuper des précaires… ou plutôt les occuper, histoire qu’ils se terrent à jamais dans le silence. Croyez-vous réellement que les départements se soient dotés de 200 000 agents par complaisance, par imprudence ou par incompétence… Pire, comme vous y songez, pour flatter un certain électorat …Ne savez-vous pas que pour l’action qui nous occupe, de nombreux  services, et nous pensons en particulier à l’aide sociale à l’enfance, sont submergés par manque de moyens humains ? Qu’ils parviennent très difficilement à assurer leur mission de protection et d’accompagnement ? Qu’à tout instant une crise peut subvenir et entraîner avec elle des drames?

Alors que voulez-vous faire? Supprimer des postes de fonctionnaires et de contractuels de la fonction publique territoriale pour privatiser les missions de service public ? Supprimer cet impératif comme ce fut finalement le cas pour la prévention spécialisée, signant son arrêt de mort, avec pour conséquences comme on le sait la désertion des quartiers dits « sensibles ». A cette sensibilité à fleur de peau, ne répondez pas par une indifférence qui fait toujours le terreau de la violence sociale.  Le religieux occupera alors la place que vous obligerez à laisser  à moins que vous projetiez le retour d’une forme de charité religieuse pour prendre en charge les laissés pour compte.

Vous ne gagnerez rien à désigner des boucs-émissaires, hormis susciter de la haine ou de la colère qui tôt ou tard finira par se retourner contre vous, entraînant dans votre perte la République elle-même. Vous avez encore le pouvoir de réunir les conditions d’un changement qui soit protecteur pour l’ensemble. C’est-à-dire social.

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