COMMUNIQUE: L’ONES se retire du CNPE

Le conseil national de la protection de l’enfance est une instance issue du processus législatif qui a abouti à la loi de 2016 ainsi qu’à la feuille de route proposée par la ministre en charge de la famille de l’époque, Madame Rossignol.

Le CNPE poursuit 5 missions :

  • proposer au Gouvernement les orientations nationales de la politique de protection de l’enfance dans le but de construire une stratégie nationale ;
  • assister le Gouvernement en rendant des avis sur toutes les questions qui concernent la protection de l’enfance et de sa propre initiative de proposer aux pouvoirs publics, après évaluation, les mesures de nature à améliorer les interventions en protection de l’enfance ;
  • contribuer à orienter les études stratégiques, les travaux de prospective et d’évaluation menés dans le champ de la protection de l’enfance ;
  • promouvoir la convergence des politiques menées au niveau local en s’appuyant sur les expériences conduites au niveau territorial comme à l’étranger ;
  • formuler des recommandations dans le champ de la formation initiale et continue des professionnels de la protection de l’enfance.

L’ONES a accepté d’y siéger, en particulier en raison de l’objectif affiché de dépasser les idéologies sclérosantes et réductrices qui s’opposent dans le champ disciplinaire de la protection de l’enfance que nous pouvons résumer de la façon suivante :

D’un côté celles portées par les défenseurs d’une doctrine utilisant les droits de l’enfant pour soutenir une intervention toujours plus précoce des services de protection de l’enfance et dans le même coup attaquer les intervenants sur la base qu’ils seraient animés par une idéologie prétendument familialiste laquelle, selon eux, biaiserait leur jugement et les amènerait à maintenir à domicile sans réserve des enfants en danger.

De l’autre, celles soutenues par les tenants d’une doctrine familialiste qui n’ont de cesse d’ accuser l’aide sociale à l’enfance comme étant une cause de destruction de la famille, sorte d’organe venant s’immiscer dans l’intimité d’un foyer et placer, à des prix exorbitants, à outrance, et sans discernement, des enfants qui, privés de leurs attaches familiales finiront sans avenir par dépérir et se déstructurer.

Le dépassement de ce clivage par la loi de 2016 qui promeut les droits de l’enfant est une rupture épistémologique importante. Elle affirme entres autres choses que si, droits de l’enfant et environnement familial sont intimement liés, une intervention, proportionnée, de l’action publique est nécessaire lorsque ce dernier n’arrive pas à répondre aux besoins fondamentaux de l’enfant. Une démarche qui s’inscrivait pleinement dans l’esprit du droit international et qui était la base sur laquelle l’ONES avait donné son accord pour participer à cette instance du CNPE.

Or, Madame la présidente, Michèle Créoff, s’est récemment commise dans un livre rédigé avec Madame Françoise Laborde où elle s’inscrit très clairement dans une doctrine qui tend à ébranler le cadre de la protection de l’enfance.

Pour l’ONES, l’absence de neutralité et la prise de position hautement contestable d’une personne censée être garante de la bonne tenue des débats et de l’expression des différentes sensibilités des membres du CNPE est un problème de fond qui nuit à la sérénité, à la rigueur et à l’avancement de la réflexion que nous pouvons attendre d’une telle instance.

Cet écart vient s’ajouter aux nombreuses dérives de certains membres du CNPE qui font prévaloir leur simple appartenance à l’instance comme caution de compétences auprès des médias.

En conséquence, l’ONES a pris la décision de se retirer du CNPE tant qu’un nécessaire travail de refondation n’aura pas eu lieu pour repartir sur de nouvelles bases.

Nous ne pouvons qu’espérer des autres associations qui se trouvent actuellement par défaut dans l’acceptation d’un positionnement idéologique du CNPE qui vient les engager sur des fondements que nous savons ne pas être les leurs qu’elles sauront trouver la ressource pour se distancier dans l’attente d’un changement.

Une instance placée au plus haut niveau de l’État se doit de notre point de vue à la plus grande neutralité idéologique.