Le 20 Novembre 2011,
Claude Greff, Secrétaire d’État chargée de la Famille présentait le 17 novembre 2011 les principales mesures constituant la politique nationale de soutien à la parentalité.Celles-ci apparaissent de deux types :
des mesures d’informations, conception de guides de création de crèche d’entreprise, sites internet, charte..., site destiné aux professionnels pour accompagner les parents dans leur démarche d’adoption, espace internet destiné aux parents et à toute la famille, numéro vert et site Internet familles « Net écoute », une charte avec les professionnels pour aider les parents à choisir des jeux adaptés ;
des mesures de promotion fondées sur la mise en valeur des actions les plus innovantes par la remise de trophées de la parentalité, et la labelisation en « maison des familles » de structures existantes sur le territoire national et qualifiées d’« exemplaires » en matière de parentalité
Or, au regard de la gravité des inquiétudes des parents à l’égard de leurs enfants ( actes de violence, consommation de drogues, exposition aux dangers liés à Internet, pratiques de jeux dangereux, sexualité, rapports non protégés, hypersexualisation des petites filles, difficultés comportementales telles que l’hyperactivité... [1]), force est de constater que les mesures adoptées sont clairement insuffisantes et inappropriées.
Nous déplorons qu’aucune nouvelle disposition n’ait été envisagée ou renforcée dans le sens des recommandations énoncées au paragraphe 6.2, et au chapitre 8 de la recommandation européenne (Rec(2006)19) relative aux politiques visant à soutenir une parentalité positive [2], notamment pour
créer « des actions d’accompagnement spécifiques » pour assister les parents « dans des situations de vie éprouvantes, dans la résolution de conflits et la gestion de la colère »,
soutenir la parentalité dans « des conditions d’exclusion sociale, ou de risque d’exclusion sociale » en fournissant ce soutien « dans leurs milieux de vie, domicile ou autres lieux qu’ils fréquentent ».
L’ONES déplore également la confusion faite entre « information » et « formation » qui sous-tend l’esprit de cette politique. Rappelons que l’information constitue le niveau le plus passif de l’apprentissage. Elle est de l’ordre du renseignement.
La formation relève en revanche de l’apprentissage, à savoir d’un « processus d’effet plus ou moins durable par lequel des comportements nouveaux sont acquis ou des comportements déjà présents sont modifiés en interaction avec le milieu ou l’environnement » (Landscheere, 1979).
En ce sens, le seul fait d’informer les parents sur la parentalité ne peut procéder à lui seul aux changements qui répondront de façon adaptés à leurs besoins ou leur permettront d’accéder à une meilleure compréhension des difficultés de leurs enfants.
Par ailleurs quel sens donner à la « création de maisons de familles » lorsqu’il s’agit en fait d’une labelisation de structures déjà existantes de soutien à la parentalité ? Faut-il rappeler que par définition « Créer » désigne l’action de « tirer quelque chose du néant ».
Enfin l’ONES déplore le manque de prise en compte des réalités locales et territoriales. Si « près de 7 parents sur 10 estiment normal d’avoir recours à une aide extérieure à la famille. », les dispositifs susceptibles de fournir cette « aide extérieure » sont clairement engorgés notamment pour les plus pauvres.
Alors qu’une majorité de parents estime que la parentalité est « un rôle difficile à jouer » qui « tend à s’accroître avec l’âge des enfants », force est de constater que les mesures annoncées ne sont pas à la hauteur de leurs attentes et de leurs besoins.
L’absence d’innovation visant à soutenir directement les parents dans leurs rôles parentaux, développer leurs savoirs-faire ou les aider à modifier dans le contexte familial certaines pratiques parentales d’éducation, préfigure une politique de soutien à la parentalité inefficace qui n’a pas pris la mesure des nouveaux enjeux éducatifs auxquels notre société est confrontée.
A quel prix doit-on encore participer à organiser les conditions de l’inefficacité du système ?
Pour l’ONES,
Jean-Marie Vauchez et Patrice Mariani.

