Gratification des stages : pour un mouvement national
samedi 15 mars 2008 par jeanne
En Bretagne, comme dans de plus en plus nombreux centres de formation (Angers, Nantes, Lille, Tours, Clermont-Ferrand, ...) nous tentons d’unifier nos luttes afin de faire connaitre et reconnaitre nos revendications en ce qui concerne la gratification des stages. Ci dessous, je vous retransmets le contenu du tract que nous avons élaboré (étudiants de l’AFPE de Bruz, de l’IRTS de Rennes et de l’ITES de Brest) et signé au nom du collectif d’étudiants en travail social constitué.
LOI 2006 : EGALITE DES CHANCES ???
Nous étudiants, étudiantes en travail social (Educateurs de Jeunes Enfants, Educateurs Spécialisés, Assistants du Service Social, Educateurs Techniques Spécialisés, Conseiller en Economie Sociale et Familiale, Educateur de la Jeunesse, de l’Education populaire et du Sport, Ingénieur Social, Directeur d’établissement ou de service d’intervention sociale, Responsable d’Unité d’Intervention Sociale) sommes officiellement concernés par les dispositions de l’article 9 de la loi du 31 mars 2006 sur l’égalité des chances, relative à la gratification des stages.
Selon le décret d’application, à partir du 2 février 2008, tous les stages de plus de trois mois doivent être gratifiés à hauteur de 398,13 euros par mois de stage pour un temps plein.
Nous ne pouvons que nous réjouir de cette gratification des stages étant donné la situation souvent précaire des étudiants.
CEPENDANT :
Nous regrettons la non-garantie du financement pour l’application de ce décret ce qui amène les lieux de stage à geler ou à refuser des stages. Ces refus remettent alors en question la validation de nos formations de travailleurs sociaux et plus largement la légitimité des formations en alternance. Nous regrettons que les établissements publics (l’Etat) n’aient pas l’obligation de gratifier leurs stagiaires. Nous regrettons l’inégalité de traitement selon les statuts des étudiants : · Les étudiants percevant les assedics n’ont pas de gratification · Les étudiants ne percevant pas les assedics ont la gratification · Les étudiants boursiers : pas d’informations sur une gratification ou non · Les étudiants CIF n’ont pas droit à la gratification · Les étudiants percevant d’autres formes de financement : pas d’informations sur une gratification ou non Ceci entraînant une discrimination des étudiants face à l’accès aux stages : Par exemple, un CV Assedic ne coûte rien à la structure Un CV Non Assedic oblige la structure à verser 398,13€ de gratification A compétences égales, quel stagiaire choisir ??? DISCRIMINATION FACE A CELA :
Nous demandons à ce que cette gratification soit versée à tous les étudiants quel que soit leur régime. Nous demandons le plus rapidement possible (car en effet LA SITUATION EST URGENTE !) le déblocage de moyens financiers permettant ainsi aux structures de verser cette gratification et donc de poursuivre l’accueil des stagiaires. Nous demandons à ce que la gratification s’applique en direction des stagiaires du privé et du public.
La prise en compte de ces revendications nous permettrait de mener à bien nos formations.
OUI À LA GRATIFICATION, NON A L’INEGALITE DE SON APPLICATION !
Pétition sur : http://www.mesopinions.com (Rubrique Social – Gratification des stages)
Plus d’infos sur : www.lesocial.fr
Collectif d’étudiants en travail social e-mail : gratificationpourtous@gmail.com
Nous nous rassemblons aujourd’hui place de la Mairie à Rennes à 14h afin de faire diffuser l’information au plus grand nombre. De nombreuses actions ont été engagé : lettre et demande de rencontre auprès de la DRASS, du Conseil Général, du Conseil Régional, des députés, ..., travail en lien avec les directions des trois centres de formation, contacts presse, ... et bien sur la pétition à signer en ligne sur internet.
Nous encourageons chacune et chacun d’entre vous à vous emparer des outils que nous avons mis en place (tracts et pétition), à transmettre ces docs sur vos terrains de stage, à vos collègues, ... .
Nous souhaiterions également qu’il s’organise une journée de mobilisation nationale ... La date restant à définir ! Alors mobilisez vous !!! Sur le forum du "social" il y a aussi pas mal d’infos et n’hésitez pas à nous écrire pour plus d’infos sur la boite gmail !!!
A bientôt !!!
Collectif étudiants en travail social
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jeanne
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Gratification des stages : pour un mouvement national23 mars 2008, par Étudiants du Pôle de Formations Sanitaires et Sociales réunis en A.G. le 21/03/2008
Les étudiants du pôle sanitaire et social de Lorient, réunis en Assemblée Générale le 21 mars 2008 :
Réaffirment :
Leur volonté de poursuivre leurs parcours de formation, en permettant le départ en stage des étudiants.Celui-ci est remis en cause par la circulaire du 27 février 2008,
rendant applicable aux formations en travail social, le décret du 31 janvier 2008. Ce décret institue une gratification de 398€ pour les stages de plus de trois mois en site qualifiant. Or, nos terrains de stage ne peuvent accueillir de stagiaires sans financement permettant la mise en place du décret.
Leur attachement à la formation par alternance. Celle-ci ayant déjà fait ses preuves dans le secteur sanitaire et social, il est impératif de maintenir telle quelle l’organisation tripartite de notre formation (étudiants, pôles de formation et sites accueillants pour les stages).
Leur préoccupation quant à la situation de précarité de nombreux étudiants.En conséquence, rejettent la gratification :
Car elle remet en cause l’organisation de nos formations :· La gratification met en danger le statut du stagiaire. Aujourd’hui, le travailleur social en formation est en position d’apprenant et n’a pas vocation à apporter une plus-value lors de ses temps de stage.
· La gratification implique en conséquence, la modification des critères d’évaluation du stage.
· La gratification met en concurrence les formations de niveau IV (dont les étudiants ne sont pas soumis à la gratification) et de niveau III (pour lesquelles s’applique la gratification).
· La gratification remet en cause la forme actuelle de l’alternance. Nous nous inquiétons de réflexions actuelles autour d’un découpage des stages dans le but de les faire passer sous la barre des 3 mois (durée à partir de laquelle le décret du 31 janvier s’applique).
Car elle n’est pas une réponse adaptée à la lutte contre la précarité des étudiants :· La gratification est discriminatoire. Elle ne s’applique pas aux stages effectués dans le secteur public ni aux formations de niveau IV.
· La gratification ne résout pas la précarité sur toute la durée des formations.
· La gratification fait porter le poids de la précarité étudiante à des structures privées quand cette mission répond à un intérêt général. N’est-ce pas une manière pour l’État de se dédouaner de cette responsabilité ?
Proposent, en vue d’une mobilisation nationale, une concertation :
Pour un déblocage rapide des parcours de formation : Dans un principe d’équité pour tous, ne faudrait-il pas une reprise des stages SANS AUCUNE gratification ?
Pour la modification du décret du 31/01/2008 et le retrait de la circulaire d’application.
Pour la reconnaissance de la spécificité des formations en travail sanitaire et social : Des avancées sur les problèmes que rencontrent les travailleurs sociaux en formation sont nécessaires MAIS sans remise en cause de la formation par alternance, sans discrimination, sans différenciation entre temps de stage et temps de formation, sans effets sur les autres sources de financement des étudiants (CIF, bourses, ASSEDIC…).
Pour la mise en place d’une politique publique de lutte contre la précarité des étudiants : Financements sur l’ensemble des parcours de formation (défraiements kilométriques, repas…), création d’une allocation d’études (type R.M.E., allocation d’autonomie…) ?À l’unanimité, les étudiants réunis en A.G. ont pris position pour un rejet du tract national. En conséquence, les étudiants du pôle sanitaire et social de Lorient ne participeront pas à la manifestation du 26/03/2008 prévue à Rennes, mais seront présents à l’A.G. qui devrait suivre.
Nous ne nous désolidarisons pas du mouvement, mais voulons privilégier la concertation, conscients toutefois de l’urgence de la situation pour certains étudiants en formation.
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Peut-on se satisfaire d’une "gratification" ?22 mars 2008, par Alexandre de WAURE
Bonjour.
Bien que je rejoigne en grande partie vos soucis, le fait de voir écrit "Oui à la gratification" sur un tract me laisse perplexe...
Pour ce qui est de la question de la gratification des stages, comme a pu notamment le relever Joseph ROUZEL, il s’agit bien d’une forme de « gâterie », accordée à l’emporte-pièce...
J’ajouterais qu’à être tentés d’y répondre dans l’urgence, à cette gâterie, cela risque fort d’entraîner les TSF et TS sur une fausse piste...
Tant que nous parlons de cela (ce qui est nécessaire, mais insuffisant), nous ne travaillons effectivement pas à la reconnaissance, autrement signifiante, de nos fonctions, rôles et pratiques (TSF/TS), que ce soit entre nous ou autour de nous !
Or, devrait-on se laisser séduire par une petite gâterie qui, bien que tentante en ce qu’elle laisse paraître, n’en reste pas moins infantilisante et « désolidarisante » sur le fond comme sur la forme ?...
Pourquoi propose-t-on des gâteries, en général ?
Pour faire plaisir...
... Ou pour faire taire celui ou celle de qui nous voulons le prétendu bien !Au-delà de formes de solidarités financières qui s’avèrent, certes, nécessaire à mettre en place, c’est de solidarité et de responsabilité éducatives qu’il faudra échanger, car c’est bien là où le bât (Etymologie du XIIIe s. : « dispositif que l’on place sur le dos des bêtes de somme pour le transport de leur charge ») blesse…
Le philosophe D. R. DUFOUR dit que nous sommes actuellement impliqués en une société égo-grégaire...
... l’individu se voit l’ego flatté d’une "gâterie" parmi d’autres promesses alléchantes, et appelle au rassemblement, afin de "jouir en tas" de la dernière injonction au prétendu bien...Et si nous déconstruisions donc ces dialectiques et promesses infantilisantes et désolidarisantes ?
Sortir de la précarité, certes, mais la tête haute, sans se voir dénier la dignité que l’on serait en droit d’attendre de quiconque, et d’accorder à soi comme à autrui, et notamment à nos "usagers"...
Un revenu minimum de professionnalisation (avec des allocations au logement décentes) par exemple, et notamment pour les moins de 25 ans, cela reconnaitrait autrement la situation des TSF... Non ?
A bon entendeur...
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Peut-on se satisfaire d’une "gratification" ?27 mars 2008, par Mathieu Rigard
Ce n’est pas en refusant les avancées sociales que l’on progresse.
Faire pression sur les pouvoirs publics pour pointer les incohérences et les difficultés quotidiennes des étudiants en travail social est notre seule chance de faire avancer les choses.
La loi sur la gratification des stages est une aubaine. Elle nous permet de pointer à la fois les problèmes de précarité considérables que connaissent nombre d’étudiants en travail social, mais en plus elle nous permet de mettre le doigt sur l’un des points douloureux de la réforme du diplôme d’ES : l’implication du site qualifiant (dont la note peut être éliminatoire pour le DE).Bien sûr je préférerais vivre dans un monde où les bonnes idées trouveraient naturellement leur expression politique. Bien évidement je préférerais vivre dans un pays où les valeurs d’égalité et de fraternité soient appliquées et visibles au quotidien.
Seulement c’est pas le cas. Pour avancer il faut faire pression et pour faire pression il faut s’organiser. Les beaux discours sur la société idéale ne nous permettront pas de mettre de l’essence dans nos voitures ou payer nos billets de train ni d’être réellement impliqué dans la conception du diplôme d’éducateur spécialisé.
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Peut-on se satisfaire d’une "gratification" ?27 mars 2008, par Alexandre de WAURE
Soit, mais pourquoi n’appellerions nous pas un chat "un chat", en considérant que ce principe de gratification ne constitue aucunement une avancée « sociale », mais seulement pécuniaire...
Ensuite, il est bien entendu que ces derniers textes nous offrent l’opportunité d’interpeler les différents partis quant à leurs implications au sein des parcours de formation des travailleurs sociaux en général, et des éducateurs spécialisés en particulier...
En ce sens, je repose la question d’une reconnaissance à titre de professionnalisation des Travailleurs Sociaux en Formation...
Car s’ils ne sont ni vraiment considérés comme étudiants, ni encore salariés, n’est-ce pas cette spécificité de processus de professionnalisation en alternance qu’il serait intéressant de faire reconnaître et de consolider ?[N’avez vous pas déjà entendu ce qualificatif de « professionnel apprenant » qui pointe parfois, depuis l’apparition des dernières réformes, notamment ?
Je ne sais s’il est le mieux adapté aux TSF, mais pourquoi ne nous poserions-nous pas la question ?]Cela impliquerait que l’Etat, les centres de formations, les employeurs, privés et publics, et nous-mêmes, nous entendions et nous coordonnions quant aux besoins sociaux, pédagogiques, professionnels et financiers que sous-tend ce dossier...
Sur ce dernier point, nous avons bien des arguments à échanger, organiser et promouvoir !
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Gratification des stages : pour un mouvement national15 mars 2008, par Elliryc
Bonjour à tous,
Je reprends l’article sur Passerelles-EJE et sur mon blog pour l’information soit vue par un maximm de personnes. Avez-vous pensé à contacter des sites comme 789RadioSociale.org ??
A plus
Elliryc
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Gratification des stages : pour un mouvement national1er avril 2008, par Webmestre
Le Président de la République viens d’annoncer un plan d’urgence pour le travail social.
Dès crédits sont d’ors et déjà débloqués pour financer un revenu étudiant et revaloriser les métiers.
Un "grenelle" du travail social verra, dès le mois de juin, Etat, collectivités territoriales, et représentants des travailleurs sociaux s’assoir autour d’une table pour discuter de la situation sociale du pays...OUi, je sais... j’ai vu la date ;o)
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Gratification des stages : pour un mouvement national7 avril 2008, par Mylène
Je pense qu’il faut essayer de voir aussi les conséquences à long terme de ce décret.
La gratification ayant pour but premier de valoriser le travail fourni par les éducateurs stagiaires, le rapport terrain de stage/stagiaire sera de ce fait biaisé puisque l’on attendra plus de celui-ci qu’il se forme mais bien qu’il apporte des compétences afin de légitimer ses 398,13€. Il paraît alors évident que, pour le même prix, les institutions chercheront à recruter des personnes apportant un maximum de valeurs, avec donc un maximum d’expériences ou de diplômes à leurs actifs. Nous allons donc assister à de véritables recrutements, à une vraie mise en concurrence des stagiaires postulants.
Que se passera-t-il donc lorsque ces mêmes institutions chercheront à embaucher de nouveaux travailleurs sociaux ?? Il est clair que certaines se laisseront tenter par le recrutement d’éducateurs en CDD, ou bien en CDI à temps partiel par exemple et d’y ajouter un ou plusieurs stagiaires expérimentés à faibles coûts. Prenez l’exemple d’une institution faisant face à un accroissement de l’effectif de ses usagers. Embaucher un éducateur en CDD et un stagiaire gratifié lui permettra par la suite d’ajuster l’effectif du personnel à une éventuelle baisse de son activité. Ainsi, comme le souhaite le gouvernement actuel, nous assistons et participons à offrir plus de flexibilité dans le travail, au bénéfice des financeurs et au détriment de la stabilité proposée aux usagers et aux professionnels.
En acceptant la gratification, quelle qu’elle soit, financée ou non, discriminantes en fonction des statuts ou non, nous acterions la volonté du gouvernement de mettre le CDI à mal et donc d’augmenter la part de contrats précaires.
En tant que travailleurs sociaux, il apparaîtrait paradoxal de participer à la casse du code du travail.
Nous pourrions par contre lancer un mouvement contre la précarité générale des étudiants…
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Gratification des stages : pour un mouvement national7 avril 2008
Dans ce sens, voici la position de l’A.G. de Lorient, certes encore minoritaire, mais nous espérons bien que cela puisse changer, ne désespérons pas !
Appel au NON à la gratification
Nous affirmons que nos préoccupations actuelles ne se réduisent pas au gel de nos formations. En effet, un éventuel déblocage des fonds ne ferait qu’appliquer une même gratification reconnue unanimement comme discriminatoire (inégalités public / privé, entre les différentes formations, en fonction des sources de financement...). De plus, la gratification cautionne la précarité des étudiants : de quelle égalité des chances parlons-nous ?
Nous refusons que les structures privées endosse le rôle de financeurs puisque cela remet en cause le principe d’alternance de nos formations (maintien de la durée des stages) ainsi que notre statut de stagiaire apprenant (contre le rapport employeur / employé).
Par conséquent, il est impératif de se prononcer pour le retrait de la circulaire du 27/02/08, en vue d’une réelle concertation tripartite (terrains de stage, centres de formation, étudiants) avec les pouvoirs publics.
Nous vous invitons donc fortement à dire NON à la gratification et réfléchir ensemble sur les solutions et véritables points à aborder à la coordination nationale, ainsi qu’à toutes les AG :
• Financement sur l’ensemble du parcours de formation par des organismes indépendants : allocation d’autonomie, RME...
• Statut du travailleur social en formation : charte du stagiaire, code déontologique...
Ce mouvement s’inscrit dans un contexte où l’ensemble du monde social se doit de s’interroger : remise en cause de la convention 66, revendication Bac+3, problème de veille sociale... Une chance quasi unique de réunir les différents acteurs de nos formations s’offre à nous, notamment pour garantir la nécessaire représentativité de nos métiers ainsi que la défense des usagers.
Les étudiants de Lorient réunis en A.G. (07/03/2008)
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Les dossiers en débat
Gratification des stages ES
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